Célébrations nationales 20032003
~ Vie politique et institutions ~

Jean-Baptiste Kléber
Strasbourg, 9 mars 1753 - Le Caire, 14 juin 1800

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Par besoin d’argent ou par goût de l’aventure, ce fils d’un maçon strasbourgeois abandonne l’architecture pour le métier des armes. De 1776 à 1783, il est cadet au régiment de Kaunitz. De retour dans sa cité natale, il devient inspecteur des bâtiments publics et construit, entre autres, le château de Grandvillars et l’hôpital de Thann. En 1792, répondant à l’appel de la Patrie en danger, il est élu à la tête du 4e bataillon du Haut-Rhin. Adjudant général, il participe à l’héroïque défense de Mayence (avril-juillet 1793) puis est nommé général de brigade à l’armée des côtes de La Rochelle. La victoire qu’avec Marceau il remporte à Cholet (17 octobre) sonne le glas de l’armée catholique et royale anéantie au Mans (12 décembre) et à Savenay (23 décembre).

Général de division à l’armée des Ardennes, Kléber prend part à la victoire de Fleurus (26 juin 1794). À l’armée de Sambre-et-Meuse, il supporte mal l’autorité de Jourdan qu’il taxe d’indécision. La politique directoriale d’expansion lui déplaît. Démis-sionnaire, mis en disponibilité àla fin de 1796, propose-t-il à Moreau et à Bonaparte de remplacer les « canailles » du Directoire par un triumvirat ? En 1798, il part pour l’Égypte, est blessé àAlexandrie (2 juillet), contribue à la prise de Gaza (25 février 1799), au siège de Jaffa et à la bataille du Mont-Thabor (16 avril). Bonaparte dit qu’il est « le dieu Mars en uniforme » mais lui reproche de ne regarder « la gloire que comme le chemin des jouissances ».

À son départ, il lui remet le commandement. Kléber dénonce la gestion de son prédécesseur, pressure les coptes pour nourrir ses soldats puis négocie avec les Anglais. Le traité rompu, il bat les Turcs à Héliopolis (20 mars 1800), réprime dans le sang la révolte du Caire (27 mars) et tombe assassiné par Soleyman, étudiant en théologie (14 juin). Kléber mort inquiète encore Bonaparte qui fait déposer sa dépouille au château d’If. Elle est placée dans un monument élevé à Strasbourg en 1840. Durant la Seconde Guerre mondiale, les Allemands l’en retirent car elle est pour les résistants un symbole et, depuis 1870, l’objet d’un culte. Qui peut interdire de réciter le poème de Victor Hugo :
Le fer heurtant le fer,
La Marseillaise ailée et volant dans les balles
Les tambours, les obus, les bombes, les cymbales
Et ton rire, ô Kléber.


Jean-Paul Bertaud
professeur émérite des Universités


Kléber en général en chef de l'armée d'Orient
par Antoine Jean Joseph Ansiaux
Châteaux de Versailles et Trianon
© RMN / Jean Schormans


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