Célébrations nationales 20032003
~ Vie politique et institutions ~

Naissance de Charles VII
Paris, 22 ou 23 février 1403

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En l’an dessusdict, fut né monseigneur Charles, IIII e filz du roy [...], lequel enffant fut depuis roy de France après la mort de ses troys freres et eut moult de adversités en son jeune aage, et puis fut roy paisible et bien obéi par tout son royaulme, par le plaisir et vouloir de nostre sauveur Jhesu Crist et des nobles et vaillans chevaliers et escuiers et gens de guerre, qui bien loyaument le servirent » : ainsi commencent les Chroniques de Charles VII de Gilles Le Bouvier, dit le Héraut Berry, dans leur version « officielle »,révisée après la mort de l’auteur, vers 1455. En dehors de l’aventure de Jeanne d’Arc, que le chroniqueur, prudent, occulte, l’essentiel est dit sur l’étonnant destin de celui que Jean Fouquet, dans son fameux portrait posthume, conservé au Louvre, dépeint comme « le très victorieux roy de France ».

À sa naissance, en 1403, rien, en effet, ne laissait prévoir que l’avant-dernier fils de Charles VI et d’Isabeau de Bavière accéderait au trône. Élevé àla cour d’Anjou et fiancé àMarie d’Anjou en 1413, Charles, comte de Ponthieu, devient dauphin en 1415. À la suite de l’entrée des Bourguignons à Paris en 1418, les Armargnacs l’emmènent dans son apanage de Berry et Poitou, où il organise un gouvernement. Après l’assassinat du duc de Bourgogne, Jean sans Peur, sur le pont de Montereau (10 septembre 1419), auquel il a assisté sans réagir, et en vertu du traité de Troyes (21 mai 1420), conclu entre le nouveau duc de Bourgogne, Philippe le Bon, et le roi d’Angleterre Henri V, il est déshérité et banni. À la mort de son père (1422), Charles prend le titre de roi, mais sa souveraineté n’est reconnue que dans le tiers du royaume. Le tournant psychologique du règne a lieu lorsque Jeanne d’Arc, après avoir délivré Orléans des Anglais qui l’assiégeaient, conduit Charles à Reims, où il est sacré le 17 juillet 1429, ce qui amène les Anglais à faire sacrer Henri VI à Paris, en 1431. Mais le tournant stratégique du règne est le traité d’Arras (1435), conclu avec Philippe le Bon, qui est suivi de la reprise de Paris (1436). Paris redevient la capitale du royaume mais Charles VII, après y avoir fait une entrée solennelle (1437), n’y réside pas.

Après la Praguerie (1440), révolte princière à laquelle participe le dauphin Louis, la restauration de l’autorité royale est spectaculaire : création, à partir de 1445, d’une armée permanente, financée grâce à un gros effort fiscal, qui reconquiert la Normandie (1450) et la Guyenne (1453) ; création de parlements provinciaux (Toulouse, 1443 ; Bordeaux, 1451 ; Grenoble, 1457) qui mettent la justice royale à portée des sujets ; rétablissement de l’état de droit et des institutions par l’ordonnance de Montils-lès-Tours (1454). Même si les dernières années du règne sont assombries par la dissidence du dauphin et la peur des complots, Charles VII (1) passe à la postérité avec le double surnom de Victorieux et de Bien Servi.

1. Charles VII est mort à Mehun-sur-Yèvre, le 22 juillet 1461


Jean-Patrice Boudet
maître de conférences à l’université de Paris X-Nanterre


"Les vigiles de Charles VII"
de Mathias d'Auvergne
© AKG Paris


Portrait par Jean Fouquet
huile sur bois - Musée du Louvre
© RMN / Hervé Lewandowski


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