Célébrations nationales 2003 2003
~ Arts ~

François Boucher
Paris, 29 septembre 1703 - 30 mai 1770

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Sans doute plus qu’aucun autre, François Boucher a marqué de son empreinte les beaux-arts et les arts décoratifs du dix-huitième siècle. L’artiste, comme Rubens un siècle plus tôt, imposa à l’Europe entière un style devenu synonyme d’un certain dix-huitième siècle, d’un art de vivre. Il déclina son art sous toutes les formes, la peinture bien sûr, le dessin (il assurait en avoir produit plus de 10 000), la gravure mais aussi la tapisserie, la porcelaine ou la toile de Jouy pour lesquelles il fournit de nombreux cartons, modèles ou motifs qui assurèrent à son œuvre une exceptionnelle diffusion.

Fils d’un peintre membre de l’Académie de Saint-Luc, Boucher reçoit probablement sa première formation auprès de son père avant de passer briè-vement dans l’atelier de François Lemoine (1688-1737). Ayant obtenu en 1723 le prix de peinture de l’Académie grâce à Elvimérodach délivre Joachim prisonnier de Nabuchodonosor (perdu), l’artiste aurait dû passer trois années à l’Académie de France à Rome mais, sous prétexte de manque de place, ne put partir. Entre 1723 et 1728, l’essentiel de son activité est tourné vers l’art de la gravure. Il fournit des vignettes de thèses au graveur et éditeur d’estampes Jean-François Cars (1661-1730) et réalise pour les Figures de différents caractères de Jean de Julienne plus de cent gravures d’après des tableaux et dessins de Watteau.

Ces différentes activités lui permettent d’entreprendre à ses frais, en 1728, l’indispensable voyage en Italie. L’artiste loge à l’Académie de France à Rome grâce à l’amitié de son directeur Nicolas Vleughels (1668-1737) qui lui trouve « un petit trou de chambre ».

Vers 1731, Boucher revient à Paris et, tout en reprenant ses activités de graveur, donne une nouvelle et décisive impulsion à sa carrière de peintre. Il est agréé à l’ Académie, en tant que peintre d’histoire, en novembre 1731, réalise de nombreux tableaux pour l’avocat Jérôme Derbais, dont Vénus demandant à Vulcain des armes pour Énée (1732, Paris, musée du Louvre). En 1733, il épouse Marie-Jeanne Buseau qui lui servira souvent de modèle. Sa réception, l’année suivante, à l’Académie avec Renaud et Armide (Paris, musée du Louvre) ouvre une période d’intense activité qui voit Boucher partager son temps entre les manufactures royales de tapisserie et de porcelaine, les décors de théâtre et d’opéra, les commandes d’amis amateurs, de membres importants de la Cour et de la maison royale. Il participe ainsi, en compagnie de Carle Vanloo et de Charles Natoire, ses concurrents les plus talentueux, à la décoration de l’Hôtel de Soubise, actuelles Archives nationales, livre des camaïeux pour la Chambre de la Reine à Versailles (1736) et deux scènes de chasse pour les Petits appartements du Roi (La chasse au léopard, 1736 et La chasse au crocodile, 1739 ; tous deux à Amiens, musée des Beaux-Arts).

En 1736, Boucher débute, avec la réalisation de trois cartons pour les Fêtes italiennes tissés par la manufacture de Beauvais, dans un domaine qui allait permettre la diffusion de son art à travers toute l’Europe, la tapisserie. Pour Beauvais puis pour les Gobelins dont il est nommé inspecteur en 1755, il produit de nombreuses tentures, L’histoire de Psyché (1739), la Tenture chinoise (esquisses au musée de Besançon), Les amours des dieux (1757)...

Madame de Pompadour joue un rôle particulièrement important dans la carrière de Boucher. Elle lui obtient un logement au Louvre en 1752, lui commande certains de ses chefs-d’œuvre (Le lever du soleil et Le coucher du soleil, Londres, Wallace Collection) et des décorations à sujets mythologiques pour ses châteaux de Bellevue et de Crécy. Nommé «premier peintre du roi » en 1765 à la mort de Carle Vanloo, Boucher continue de produire tableaux, cartons et dessins à un rythme effréné, aidé par un nombreux atelier où son gendre Jean-Baptiste Deshays et Jean-Honoré Fragonard, entre autres, reçurent leur formation.

Malgré des critiques de plus en plus sévères (« cet homme a tout - excepté la vérité », Diderot, Salon de 1761), le vieil artiste continue d’exposer au Salon et de livrer d’importantes commandes, comme la série de six peintures réalisées pour Bergeret de Frouville en 1768 (Fort Worth, Kimbell Art Museum). Boucher meurt dans son logement du Louvre, le 30 mai 1770. Condamné par le néo-classicisme, l’artiste est boudé pendant plus d’un siècle avant que la deuxième moitié du dix-neuvième, séduite par son hymne à la femme, le remette à l’honneur, sensible au bonheur intimiste et bourgeois (Le déjeuner, 1739, Paris, musée du Louvre). Boucher ne cherche pas à émouvoir mais à saisir la beauté épanouie ou le charme piquant. Son artificialité est voulue, comme son absence de naturel. Ses nymphes, ses déesses et ses bergères sont à la fois délicieusement présentes et hors du temps. Les œuvres de Boucher paraissent d’un abord facile, principalement décoratives. C’est passer à côté de l’essentiel, leur étonnant pouvoir d’évasion...

Pierre Rosenberg,
de l’Académie française,
président-directeur honoraire du musée du Louvre

 


Vénus demandant des armes pour Enée, 1732
François Boucher, huile sur toile
Paris, Musée du Louvre © RMN / J.G

Berizzi Le déjeuner, 1739 François Boucher,
huile sur toile Paris, Musée du Louvre
© RMN / Arnaudet

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