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~ Vie politique et institutions ~ Jules Mazarin |
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![]() Portrait peint sur vélin dans Jean Puget de La Serre Panégyriques des hommes illustres de notre temps, 1655 © Bibliothèque Mazarine / Laurent Jaulme |
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Né et baptisé à Pescina - une petite ville des Abruzzes alors sous domination espagnole - Giulio Mazzarino passa son enfance et son adolescence à Rome puis, après deux années d'études à l'Université d'Alcalá de Henares, revint en Italie. Tour à tour au service des Colonna, des Saccheti et du cardinal Antoine Barberini, il se fit remarquer par son audace lors du siège de Casal en octobre 1630 et devint le légat du pape Urbain VIII, à Paris, de 1634 à 1636. L'estime que lui manifesta très vite Richelieu - rencontré dès 1630 à Pignerol - puis la confiance que lui accordèrent le roi de France et plus encore Anne d'Autriche permirent à Mazarin, élevé à la dignité de cardinal en 1641, d'accéder aux plus hautes charges de l'État : après la disparition de Louis XIII (14 mai 1643) et celle de son principal ministre, mort quelques mois plus tôt, Mazarin gouverna la France, jusqu'à son dernier souffle, aux côtés de la régente. À l'intérieur du royaume, Mazarin
dut faire face à la Fronde qui fut sans nul doute " la plus profonde
dépression politique du siècle ", " un fléchissement simultané de l'État,
de l'économie et de la société " (H. Méthivier) ; de 1648 à 1653, sur
une toile de fond aux couleurs sombres où la famine, la misère et la
maladie projetaient le spectre de la mort, des troubles éclatèrent,
dans la capitale et en province, à l'instigation des grands seigneurs
toujours prêts à " fronder " et du Parlement, jaloux de son pouvoir
et de ses prérogatives. Les quelque 5500 mazarinades
publiées au cours de cette période témoignent de la haine suscitée par
Mazarin qui fit néanmoins son entrée solennelle à Paris le 3 février
1653, une fois la Fronde vaincue. Le titre du bel ouvrage de Georges
Dethan (" Un homme de paix à l'âge baroque ") résume admirablement la
politique étrangère du cardinal Mazarin qui poursuivit avec fermeté
la lutte contre l'Espagne engagée par son prédécesseur mais qui voulut
aussi, de toutes ses forces, mettre un terme aux conflits armés qui
dévastaient alors l'Europe. Les études récentes sur Mazarin
refusent de privilégier l'homme public au détriment de l'homme privé
et nous renvoient un portrait du cardinal moins manichéen que celui
auquel nous avait habitué l'historiographie traditionnelle, en exaltant
non seulement les mérites du stratège et du négociateur mais aussi les
qualités exceptionnelles d'un homme qui avait de l'esprit, du cœur,
une grande force d'âme et un goût artistique très sûr. Christian
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