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~ Littérature et sciences humaines ~ Alexandre Davy de la Pailleterie
dit Alexandre Dumas |
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ALEXANDRE LE MAGNIFIQUE L'un de ses camarades lui repète : " Après Walter Scott, la France attend le roman historique ". Alexandre prend l'avertissement au sérieux et se met à lire - à dévorer plutôt - Joinville, Froissart, Montluc, L'Estoile, Retz et Saint-Simon. L'histoire de Christine de Suède lui inspire sa première pièce : une reine, un favori, la trahison, la vengeance, tout s'y trouve déjà des thèmes chers au romantisme encore dans les limbes. La forme aussi : Alexandre refuse les vers classiques et les trois unités emprisonnent ce tempérament violent. Le jeune auteur parvient à être reçu par le baron Taylor, commissaire du roi chargé de la Comédie française qui, plongé dans sa baignoire, écoute avec un enthousiasme grandissant la lecture du manuscrit. La pièce est reçue sur-le-champ. Las ! la censure interdit la représentation de l'ouvrage. Dans la même veine, Dumas écrit aussitôt Henri III et sa cour que les Comédiens français reçoivent par acclamations. La générale du premier drame romantique de l'histoire est un triomphe. Quand l'acteur Firmin paraît pour nommer l'auteur, l'élan est tel que le duc d'Orléans écoute, " debout et découvert ", le nom de son employé, devenu en trois heures l'un des hommes les plus célèbres de son temps. Dans la voie indiquée par Dumas, Hugo et Vigny s'engouffreront bientôt. Suivra Antony, né d'une idée plus romantique encore : pour sauver l'honneur de sa maîtresse, l'amant la tue au moment où le mari va les surprendre et, quand celui-ci survient, prononce cette réplique mémorable : " Elle me résistait. Je l'ai assassinée ". Dès lors, Alexandre Dumas s'intègre si bien à son époque qu'il finit par l'incarner à nos yeux. Il faut lire dans ses merveilleux Mémoires le chapitre qu'il consacre à la révolution de 1830. On dirait qu'il a tout orchestré pour chasser seul Charles X du trône et seul introniser Louis-Philippe. Lui-même fut toujours persuadé que, s'il passait
à la postérité, ce serait par son théâtre. Considérant que ses romans
n'étaient qu'un moyen de gagner beaucoup d'argent - qu'il dépensait
d'ailleurs aussitôt - , il croyait qu'on les oublierait aussi vite.
Un jour, son fils le trouve en larmes : " Porthos
est mort, explique-t-il. J'ai été obligé de le sacrifier. " Dumas était
fait pour les trompettes de la victoire ; les défaites de la guerre
franco-prussienne lui portent un coup très rude. Son fils le voit arriver
chez lui, littéralement à bout de force :" Je viens mourir chez toi.
" Le 5 décembre 1870, il rend à Dieu sa grande âme chaleureuse. Dès
qu'il connaîtra cette mort, Victor Hugo écrira : " Aucune popularité
en ce siècle n'a dépassé celle d'Alexandre Dumas. Ses succès ont l'éclat
de la fanfare. Ce qu'il sème, c'est l'idée française. Alain Decaux - Sommaire - Célébrations nationales 1999 - - Célébrations nationales 2000 - - Célébrations nationales 2001- - Haut de la page -
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