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~ Arts ~ Georges de La Tour |
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Les grands musées américains se sont désormais partagé
les plus belles œuvres apparues sur le marché, le Prado a jugé indispensable
de joindre à ses illustres collections un exemple de son art (1991),
et il existe déjà sur La Tour plus de livres que sur aucun peintre français
du XVIIe siècle, Poussin excepté. Rappelons en quelques mots une biographie
que seules des recherches passionnées ont pu retirer à la poussière
des siècles. La Tour était né en 1593 à Vic-sur-Seille, gros bourg
proche de Nancy, mais relevant de l'évêque de Metz. Fils d'un boulanger
à son aise, il eut probablement une enfance heureuse et reçut une excellente
instruction. Mais le titre de peintre ordinaire du duc de Lorraine était manifestement réservé à Claude Deruet. Comme La Tour épouse bientôt une jeune fille de condition noble, Diane Le Nerf, dont la famille est installée à Lunéville, il accepte de s'y transporter, moyennant d'importants privilèges accordés par le duc Henri II (1620). Il y commence une carrière brillante, multipliant les tableaux religieux, ainsi que les sujets réalistes de mendiants et musiciens. À partir de 1633, les vicissitudes politiques et l'insigne maladresse du nouveau duc Charles IV vont entraîner la Lorraine, jusque-là duché prospère et havre de paix, dans les horreurs de la guerre de Trente ans. La Tour compte parmi les victimes : Lunéville, soudain au cœur des opérations, est entièrement incendiée (septembre 1638). Le peintre doit se réfugier avec sa famille à Nancy. Mais il tente sa fortune à Paris, auprès de Richelieu, de Louis XIII, des amateurs de la capitale. Avec succès : il obtient du roi le titre du peintre ordinaire avec logement au Louvre. De ce moment datent sans doute quelques-uns de ses plus beaux tableaux, dont les premières " nuits ". Malgré cet accueil flatteur, La Tour ne saurait abandonner
la Lorraine où il a sa famille, ses propriétés, ses privilèges. Dès
que sa maison est réparée, il se réinstalle à Lunéville, sans pour autant
abandonner l'espoir de conserver une clientèle parisienne, même après
la mort de Louis XIII et de Richelieu. Il obtient en tous cas l'admiration
et la faveur du duc de la Ferté, qui gouverne la Lorraine au nom du
roi, et qui semble apprécier particulièrement ses tableaux nocturnes.
Il peint alors ses toiles les plus graves, les plus méditées. Au début
de 1652, une épidémie l'emporte soudain, en même temps que sa femme
et son valet, brisant net ce qui s'annonçait comme l'approfondissement
sublime de la vieillesse. Mais pouvons-nous désormais prétendre connaître entièrement
l'art de La Tour ? Son œuvre ne nous réserve t-elle plus de surprises
? On est en mesure de croire que l'an 2002 verra inaugurer à Vic le
musée Georges de La Tour, où l'on prévoit de présenter le dernier tableau
retrouvé du peintre (1993), son Saint-Jean Baptiste
au désert, et d'installer un centre de documentation et de recherches. Jacques Thuillier - Sommaire - Célébrations nationales 1999 - - Célébrations nationales 2000 - - Célébrations nationales 2001- - Haut de la page -
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