![]() |
|
|
~ Arts ~ Philippe de Champaigne |
|
|
|
![]() Ex-voto, 1662 Paris, Musée du Louvre © AKG Paris / Erich Lessing |
|
Né le 26 mai 1602 à Bruxelles, Philippe de Champaigne appartenait à un milieu modeste : son père était sans doute tailleur. Il n'en reçut pas moins une instruction soignée. Il apprit le latin et son inventaire post mortem relèvera dans sa bibliothèque des livres en cette langue. Mais il étudie surtout la peinture et acquiert ce beau métier propre aux Pays-Bas espagnols, un faire souple, gras, ductile, qui lui vaudra une place à part parmi les peintres français contemporains. Ayant refusé, en 1621, d'aller travailler à Anvers chez Rubens (déjà son antipathie pour le baroque), il part pour Paris avec le paysagiste Jacques Fouquières qui lui apprend son art, un art qu'il pratiquera encore en 1656 pour le couvent parisien du Val de Grâce. Fixé dans le Quartier Latin, au Collège de Laon, où il lie amitié avec Poussin, il travaille chez les maniéristes Georges Lallemand et Nicolas Duchesne (dont il épousera la fille en 1628). Ayant regagné Bruxelles en 1627, il est rappelé à Paris, un an plus tard, par Claude Maugis, intendant des bâtiments de Marie de Médicis qui lui offre une situation exceptionnelle. Le voilà donc qui travaille au Palais du Luxembourg, au Carmel du Faubourg Saint-Jacques, chantiers préférés de la Reine Mère. Ayant reçu, en janvier 1629, ses " lettres de naturalité
", il quitte le service de la " grosse banquière balourde ", à laquelle
il restera toujours attaché, pour celui de son fils et de Richelieu.
Pour le premier, il peint, outre plusieurs portraits, une Réception
du duc de Longueville dans l'ordre du Saint Esprit (1634) et
un Vœu de Louis XIII (1638). Cet Italien pouvait-il apprécier un art qui cultivait,
de même que celui de La Hire, Lesueur, Sébastien Bourdon, un atticisme
élégant et sobre, à l'ordre du jour parisien entre 1643 et 1661. Champaigne
est, en revanche, très goûté par une clientèle qui lui commande des
portraits. Princes de l'Eglise (Camus), Haute Noblesse (La Trémoille),
grands " commis " (Colbert, Charles Coiffier, Groulart de la Court),
" corps de ville parisien ", et surtout " parlementaires " (Talon, Mesme,
Bellièvre, Jérôme II Le Maistre), toute la Cour et la Ville posent devant
lui et lui font peindre des figures où, refusant d'exprimer des expressions
passagères, il veut saisir l'être profond de ses modèles. C'était substituer
au portrait d'existence baroque un portrait
permanent d'essence. Il le fait surtout pour les Chartreux et pour Port-Royal.
C'est en 1646 qu'il entre en relation avec la célèbre abbaye. À cette
date, en effet, les " amis du dehors " lui commandent le portrait (posthume)
de Saint-Cyran. Deux ans plus tard, il met ses filles pensionnaires
à Port-Royal de Paris. Françoise y mourra en 1655 et Catherine y prendra
le voile en 1657. Le gouverneur des Pays-Bas espagnols, l'archiduc Léopold
de Habsbourg, lui a commandé, en 1656, un tableau, de même que les brasseurs
de la ville de Gand. Mais depuis 1661, son crédit diminue. Bernard Dorival
historien d'art professeur émérite à l'université Paris-Sorbonne - Sommaire - Célébrations nationales 1999 - - Célébrations nationales 2000 - - Célébrations nationales 2001- - Haut de la page -
|
|