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La naissance de Vincenzo Bellini pourrait passer
d'autant plus inaperçue qu'il est difficile de la dater avec
une précision absolue. Cette date, et l'anniversaire qu'on va
célébrer, nous oriente vers le Bellini de Sicile plus
que vers celui de Paris, vers l'enfant pauvre de Catane plus que vers
le compositeur des Puritains, adulé des spectateurs du
Théâtre italien.
Le maître de Catane se distingue du maître de Bergame, Donizetti,
par une finesse plus grande de la ligne vocale, par une unité
de l'uvre que ne viendront pas gâter des contrastes trop
accusés. Enfin, il est incapable de cette veine comique qui a
été parfois celle de Donizetti. Son domaine est la tragédie.
Même La Somnambule n'est pas une uvre légère.
Dans ses opéras, l'accent est mis sur la femme, sur l'héroïne
principale, et c'est à partir d'elle que tout se déploie,
le drame et la musique. Norma rejoint alors Béatrice
de Tende, le rôle d'Adalgise ne pâlit pas à côté
de celui de la prêtresse. Ces deux rôles sont inséparables,
comme dans un jeu de doubles, et leurs duos sont des sommets.
Venu de Catane à Naples pour y faire ses études musicales,
Bellini aurait pu rester un artiste local. Sa carrière de compositeur,
au contraire, fut éblouissante. Au théâtre San Carlo,
Bianca et Fernando lui a valu, en 1826, un succès d'estime
et cette sympathie qu'attire un jeune homme de 25 ans. Mais à
la Scala de Milan, le 27 octobre 1827, Le Pirate, inspiré
du roman noir, est un triomphe. Les fiascos ou demi-fiascos ont été
rares dans son cas : Zaïre, en 1829 à Parme, Béatrice
de Tende à Venise en 1833 n'obtiennent pas le succès
que ces uvres méritent. Plus étonnant, Norma
est d'abord passablement accueillie à Milan en 1831. Mais La
Somnambule, la même année, dans la même ville,
est un succès éclatant. Il faut que Bellini sorte d'Italie,
qu'il fasse son tour d'Europe. Voici le jeune maître à
Londres, à Paris. Il bénéficie du prestige d'interprètes
d'exception, Giuditta Pasta, Giulia Grisi, Maria Malibran.
Bellini est le maître du bel canto. Sans doute les procédés
d'écriture, l'accompagnement orchestral paraissent sommaires.
C'est que son génie est essentiellement mélodique et vocal.
Élève de Crescentini, le grand castrat, et du maître
Zingarelli, il connaissait admirablement les ressources de la voix,
les effets, mais aussi les limites de l'ornementation, et son chant
jaillit comme l'essence même d'une émotion suscitée
par le drame. Ses dix opéras, étonnamment homogènes,
paraissent se ressembler, mais la qualité des sujets et des livrets
n'est pas toujours la même. Jusqu'à Béatrice
de Tende qui les brouilla, la collaboration de Bellini et de son
librettiste, Felice Romani, a été heureuse et Norma,
tirée de la tragédie néo-classique d'Alexandre
Soumet, - un attardé au temps de Stendhal et d'Hugo - pouvait
devenir le plus beau peut-être des opéras romantiques.
Les sommets sont atteints quand la mélodie bellinienne se déploie
dans un temps quasi suspendu. Ainsi dans la cavatine de Norma, "
Casta luna ", incantation à la Lune de sa prêtresse
qui n'est pas restée chaste et qui possède pourtant une
pureté d'une autre sorte, ou les airs de la folie d'Elvira dans
Les Puritains. Maître du chant uni, du " spianato
", Bellini a été admiré aussi bien de Chopin
que de Wagner. Nul doute que 2001 sera une occasion de nouvelle de le
connaître mieux et de l'aimer davantage. Inutile pour cela de
mettre Norma sur un trapèze et les Puritains dans une salle de
sports. Bellini s'impose sans artifice, avec les vertus de l'évidence.
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Programme des manifestations
Ile-de-France
Paris
Calendrier prévisionnel : - Université
de Paris IV-Sorbonne : colloque prévu sur le maître de
Catane
Italie
Diverses manifestations prévues. Pour plus
de précisions, contacter l'Institut culturel italien, 50, rue
de Varenne - 75005 Paris - tél. : 01 44 39 49 39
Châtenay-Malabry - La Vallée-aux-Loups
(92)
- 4 décembre 2001
à 21 heures Dans le cadre des Heures romantiques de la Vallée-aux-Loups,
demeure de Chateaubriand, création d'une œuvre lyrique de Bellini, compositeur
que l'écrivain appréciait particulièrement, Lettres de l'ouvreuse
à sa sœur.
Réservations auprès de : - La Maison de Chateaubriand, 87, rue Chateaubriand
- 92290 Châtenay-Malabry
tél. : 01.47.02.58.61
- Par courrier électronique : Chateaubriand@cg92.fr
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