Célébrations nationales 20002000

Redécouverte des lois de Mendel sur l'hybridation
Mars-avril 1900

L'étude de Gregor Mendel (1822-1884), "Expériences sur les hybrides végétaux", paraît en 1866 dans les Verhandlungen des naturforschenden Vereines in Brünn (débats de l'association des naturalistes de Brno, Moravie). Elle sera redécouverte en 1900. Cette étude est "un des triomphes de l'esprit humain" écrivait le grand généticien Curt Stern pour célébrer son centenaire. "Elle n'annonce pas seulement la découverte de faits importants par des méthodes nouvelles d'observation et d'expérimentation, elle présente ces faits dans un schéma conceptuel qui leur confère leur signification générale...". Ces lignes valent également pour le centenaire de sa redécouverte et pour son rôle fondateur, public, dans les sciences.

Résumons les "lois" de Mendel. Elles reposent sur les principes suivants, d'après le clair exposé de Jacques Piquemal :
"1° Les caractères sont indépendants les uns des autres dans leur transmission ;
2° Mâle et femelle sont équivalents dans l'hybridation, ils déterminent, également malgré les faits de dominance, chaque caractère ;
3° Dans les cellules sexuelles, les deux composantes d'origine mâle et d'origine femelle, de chaque caractère, se dissocient et, dans la fécondation, les composantes de chaque origine s'unissent au hasard, pour chaque caractère".

Il faut comprendre pourquoi, seul, Mendel a pu les énoncer. Il a été précédé dans ses recherches par Joseph Gottlieb Koelreuter (1733-1806) et Carl Friedrich von Gaertner (1772-1850). Les combinaisons hybrides ont été formulées par Francis Galton, en 1875, et auparavant par Charles Naudin en 1860. C’est Mendel qui en donne la formulation et la signification fondamentales et définitives. Les historiens des sciences n'ont pas manqué de répondre à ces questions ; citons, parmi d'autres, C. Olby, C. Stern, J. Piquemal, V. Orel. L'enseignement et la pratique scientifiques reçus à Vienne par Mendel entre 1851 et 1853 ont été déterminants auprès du naturaliste Franz Unger, du mathématicien Andreas von Ettinghausen, du physicien Christian Doppler. On a remarqué que Mendel raisonnait comme un physicien. L'historien des sciences doit comprendre également pourquoi personne avant 1900 ne pouvait apercevoir les conséquences des principes mendéliens. Il doit comprendre également pourquoi les découvreurs des travaux de Mendel, H. de Vries, C. Correns, dans une moindre mesure E. Tschermak, enfin W. Bateson, chacun engagé dans sa recherche propre, avec sa perspective propre, les mettent en lumière.

Avec Mendel, les principes de l'analyse génétique étaient posés et l'héritage mendelien allait fondamentalement transformer les sciences de la vie au XXe siècle.

Charles Galpérin
Université Charles de Gaulle - Lille III

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