|
Mort de Jean
Rotrou
La
vie de Rotrou est aussi peu conforme que possible à la réputation
qui lui a été faite. En l'opposant à Corneille,
on a vu en lui un bohème impénitent et l'on a écrit
que sa langue était considérablement plus archaïque
que celle de celui-ci, mais il ne faut pas oublier que nous ne lisons
plus Corneille dans le texte original; sans doute le contraste demeure
entre la violence quelque peu mélodramatique des pièces
de Rotrou et son esprit baroque et le très sage Rouennais ; encore
ne faut-il pas négliger le fait que Corneille, passé l'époque
de ses chefs-d'uvre, a écrit quelques tragédies
passablement échevelées ni que, par contre, Rotrou avec
l'âge et sous l'influence de Corneille s'est quelque peu assagi. Avocat, il ne semble pas que Rotrou ait plaidé ; il recherchait des protecteurs à la cour et vivait du produit de ses pièces. Vers 1632, il était probablement fournisseur attitré de l'hôtel de Bourgogne, et sa fécondité était extrême. D'une production certainement beaucoup plus importante, nous conservons le texte de trente-cinq pièces dont vingt-deux furent imprimées. Protégé par Richelieu, Rotrou fit partie de la société des cinq auteurs qui travaillaient sous la direction du cardinal et collabora à la Comédie des Thuileries, jouée en 1635. Rotrou se distingua de ses confrères en ne participant pas à la trop fameuse querelle du Cid et en ne cachant pas son admiration pour l'auteur. En 1639, il revient dans sa ville natale comme lieutenant particulier au bailliage et s'y marie. Il
n'en continue pas moins à composer pour le théâtre
mais à un rythme ralenti : il publie alors ses chefs-d'uvre,
Le Véritable Saint-Genest (1646), Venceslas (1647) et Cosroès
(1649). Rotrou restait fidèle aux extravagances littéraires
de sa jeunesse, mais son évolution vers le classicisme se marque
dans ses dernières grandes pièces et surtout dans la toute
dernière, Cosroès. Jacques
Brosse -
Retour à la liste- Renseignements : 01 40 27 62 01
|