Célébrations nationales 20002000

Cinquantième anniversaire de la création de La Cantatrice chauve
d'Eugène Ionesco 1950-2000

16 mai 1950

Ionesco entouré de ses interprètes de sa pièce le soir de la première
Ionesco entouré de ses interprètes de sa pièce le soir de la première
© Lipnitzki - Viollet


Un soir, Monica Lovinesco, qui était depuis peu notre assistante à la mise en scène, m'apporta un manuscrit : "J'ai un ami qui a écrit une petite pièce. Tout le monde lui dit que c'est injouable. J'aimerais savoir ce que tu en penses." - "Comment s'appelle ton ami ?" -"Ionesco."

Lorsque je lus le manuscrit de L'anglais sans peine, le premier titre de La Cantatrice chauve, ce fut pour moi, jeune comédien, une découverte : ce texte ne ressemblait en rien à ce que j'avais vu ou lu jusque-là. On y représentait des personnages anglais qui utilisaient entre eux un langage surprenant, paraissant sans suite, mais ayant tout de même une logique. Quelques jours plus tard, je rencontrai Ionesco qui m'expliqua : "Je voulais apprendre l'anglais, j'ai ouvert une méthode Assimil et j'ai découvert tout un monde qui s'exprimait d'une manière étonnante. J'ai donc fait parler mes personnages anglais comme des Français apprenant l'anglais". Et par le sous-titre de L'anglais sans peine, "Anti-pièce", il précisait que c'était une critique du théâtre bourgeois du début du siècle.

"Alors, c'est vrai ? Vous voulez jouer ma pièce ? Mais tout le monde me dit que ce n'est pas jouable !" Pour nous, elle l'était et correspondait tout à fait à ce que nous cherchions pour notre petite troupe. Nous avons donc décidé de monter la pièce sans tarder. Le seul problème (à part celui de trouver un théâtre pour la jouer) c'était de changer de titre : L'anglais sans peine nous faisait penser à la pièce de Tristan Bernard L'anglais tel qu'on le parle. Or, un jour, pendant une répétition, le capitaine des pompiers récitant l'histoire du "rhume", eut un trou de mémoire, sauta trois lignes et au lieu de parler d'une cantatrice très blonde, nous présenta une cantatrice… chauve. Ionesco s'exclama : "Le titre est trouvé ! Ce sera La Cantatrice chauve ! Pour justifier ce titre, j'ajouterai quelques répliques".

Et La Cantatrice chauve fut créée le 16 mai 1950 au Théâtre des Noctambules grâce à Jean-Claude et Pierre Leuris, les directeurs, qui crurent tout de suite à la pièce. Elle est devenue un cas unique dans l'histoire du théâtre français, car après les Noctambules, nous l'avons reprise en 1957 au Théâtre de la Huchette, où elle se joue sans interruption depuis cette date !

Nicolas Bataille
metteur en scène

programme des manifestations

Aquitaine - Saint-Médard-en-Jalles (33)
27 avril
La Cantatrice Chauve, au Théâtre de Gironde, dans une mise en scène de Guy Lenoir
Rens. : Théâtre de Gironde, place de la République,
B. P. 90 - 33166 Saint-Médard-en-Jalles cedex
tél. : 05 56 70 13 20
Île-de-France - Paris (75)
Jusqu'au 30 juin
La Cantatrice Chauve et La Leçon, au Théâtre de la Huchette.
Mise en scène de Nicolas Bataille.
Rens. : Théâtre de la Huchette, 23, rue de la Huchette - 75005 Paris
tél. : 01 43 26 38 99

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Renseignements : 01 40 27 62 01

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