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Archéologie funéraire et anthropologie

Introduction


Constitué de "anthropo" qui désigne l'Homme et de "logie", "discours sur", le terme "anthropologie" regroupe l'ensemble des sciences qui étudient l'Homme, qu'il appartienne à une population vivante ou ancienne.
Au sein de cette vaste discipline existent deux approches qui sont aujourd'hui systématiquement appliquées aux sites archéologiques funéraires fouillés dans le cadre de l'aménagement de la ville de Reims :

  • l'Anthropologie de terrain qui étudie les restes des défunts et leurs relations avec la structure archéologique et les objets associés ;
  • L'Anthropologie biologique qui documente sur l'aspect physique des individus, leur lien de parenté, leur condition de vie au fil de leur existence.

En effet, l'examen des squelettes humains nous permet, à travers ce qui nous reste de plus intime des gens d'avant, d'approcher les sociétés anciennes. L'anthropologie de terrain renseigne sur l'organisation des espaces funéraires, le traitement des cadavres, qui peut varier en fonction des époques, des régions, de l'âge ou du sexe de l'individu, de son appartenance à un groupe social (famille, corps de métier, hiérarchie).
Défunt mis directement dans la fosse Un autre squelette a déjà été enlevé, ce défunt a été mis directement dans la fosse pour prendre moins de place. Il est ici contre la paroie.
La biologie nous documente sur l'aspect physique des individus, leur lien de parenté, leur condition de vie au fil de leur existence. Ces disciplines sont donc des techniques de palethnologie ou d'anthropologie sociale du passé.
Ainsi, les ossements, témoins les plus intimes de ce qu'il reste des "gens d'avant" offrent beaucoup d'informations à qui sait déchiffrer leur langage.


Le cimetière moderne du Collège Saint Remi rue Nicolas Roland

Vue générale de quatre sépultures
Vue générale de quatre sépultures

L'étude de cet ensemble n'a pas encore été entamée et les données sont "brutes de fouilles". Il semble d'après certains textes que ce cimetière a eu une durée d'utilisation très brève de 1795 à 1830, il aurait ensuite était abandonné pour le nouveau cimetière du Sud. L'opportunité de pouvoir confronter les données archéologiques et historiques est extrêmement intéressante car les deux méthodes documentent souvent sur des aspects différents et leur mise en relation apporte des renseignements d'autant plus riches.

En effet, à la fouille, la conservation excellente de certains éléments organiques est en accord avec l'utilisation récente du cimetière. La parfaite cohérence de toute une partie de l'ensemble avec des tombes bien organisées et sans recoupement entre elles est un argument en faveur de l'utilisation sur un temps restreint de cet espace.

Vue d'ensemble avec entrecoupement entre plusieurs sépultures, dont trois à inhumations multiples.
Vue d'ensemble avec entrecoupement de plusieurs sépultures.

En revanche, une zone de cimetière a visiblement accueilli une population d'épidémie. En effet, les tombes regroupent des individus inhumés en même temps, rangé tête-bêche pour gagner de la place dans la tombe.
Inhumation simultanée de trois personnes
Inhumation simultanée de trois personnes
Il y a là une succession d'inhumations simultanées: à gauche, deux adultes et à droite, un adulte et deux enfants: l'un de 3-4 ans et l'autre de 6-8 ans. Aucune relation entre les deux est observable.
Succession d'inhumations simultanées
De plus, le profil démographique de cette population et notamment le nombre important d'individus adolescents ou de jeunes adultes est typique de la mortalité épidémique qui frappe également les classes d'âge normalement peu touchées.


S'agit-il des défunts de l'épidémie de choléra de 1832 ? D'autres défunts pourraient provenir d'un Hôpital.


Le genou de cet homme a été retiré
    Le genou de cet homme a été scié, il est absent de la tombe, la jambe a été posée avec le pied encore en connexion. L'hypothèse la plus probable est que ce genou a été récupéré pour une collection d'anatomies.


Le cimetière médiéval du Boulevard de la Paix


Ce cimetière s'est installé le long du fossé de l'oppidum. Les sources historiques indiquent que ce cimetière n'existe déjà plus au milieu du XIVe siècle. Une première série de datation au Carbonne 14 indique une appartenance au XIIe siècle.
L'aspect le plus notable de cet ensemble est l'existence en son sein d'une sépulture collective.
Si cet ensemble peu apparaître comme un gros tas d'os au non-spécialiste, l'anthropologue de terrain lui, peu identifier la structure et en comprendre le fonctionnement.
Son installation se fait sur des remblais gallo-romain qui sont probablement taillés à cette occasion pour accentuer leur organisation en gradin. Cette fosse pouvait être surmontée d'une construction qui n'a laissé aucune trace, elle était probablement flanquée d'un escalier pour accéder aux différents niveaux.
Cimetière Boulevard de la PaixChaque niveau de gradin accueille un coffrage de bois dont les traces ne sont conservées qu'à travers les effets de paroi qui alignent les ossements. L'inhumation du dernier individu dans ce coffrage initiait le rangement des individus précédents en avant de son corps en place. Chaque cercueil était utilisé comme un "pourrissoir", et lorsque le défunt avait totalement terminé sa décomposition, l'étage était nettoyé, le nouveau défunt inhumé dans le même cercueil ou dans un cercueil neuf, dans lequel les ossements des individus déjà décomposés étaient également déposés, en avant du corps du nouveau cadavre.

Les défunts inhumés dans ce "caveau" sont des hommes, des femmes, et plus rarement des adolescents ou des enfants. L'étude indique une nette intimité génétique entre certains de ces individus, il est possible qu'il s'agisse d'une sorte de caveau de famille. L'étude approfondie de cet ensemble permettra de confirmer cette hypothèse.


Introduction
L'archéologie urbaine et l'histoire de Reims
Le cryptoportique
La découverte d'un nouveau monument gallo-romain
Les fouilles de la médiathèque centrale
Un habitat gallo-romain rue des Moissons
Archéologie funéraire et anthropologie