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POLEMIQUE ENTRE GRAVEURS ET PHOTOGRAPHES -1859 -
Michel MANZI Gravure originale - 1886, 39 x 31,5 cm. (1840 - 1884) NADAR La polémique qui éclate entre graveurs et photographes en 1859 relève d'enjeux esthétiques et économiques. Les photographes, autorisés à côtoyer au Salon des Beaux-Arts, les peintres, graveurs et lithographes, sont les tenants du report mécanique des oeuvres, telles que nous les verrions réféchies par un miroir... alors que les graveurs défendent l'interprétation artistique des peintures ; "à l'un l'idéal, avec le bleu, la fantaisie, la liberté; à l'autre, les calculs et l'esclavage de l'exact et du fini." Les tensions dans le marché des images suscitent des attitudes diverses : certains pensent que photographie et gravure, ne s'adressant pas à la même clientèle d'acheteurs, celles-ci pouvent cohabiter sans risque, le meilleur instrument de promotion de la gravure étant la photographie. En revanche, Goupil, inquiet de voir ses intérêts menacés, encourage les graveurs à ne pas se commettre avec la "vulgarisatrice de la gravure" et signe une pétition adressée à l'Empereur "afin de solliciter son intervention pour empêcher l'Autriche, la Prusse, l'Italie et les Etats-unis d'Amérique... de reproduire les oeuvres par la photographie". Pourtant, en 1867, il rachète le brevet d'exploitation pour la France de la photoglyptie et se lance dans l'aventure de la reproduction photomécanique des images. |