PHOTOGRAPHIE (du grec photos, lumière et graphein, tracer)

Exposition universelle de 1889 - vue d'ensemble
prise sous la Tour Eiffel
ATELIER GOUPIL (?)
(1859 -1920)
Épreuve sur papier argentique à émulsion
45,5 x 38 cm.


Le 3 Juillet 1839, le physicien François Arago présente à la Chambre des Députés l'invention de Niepce et Daguerre. Au début des années 1840, la découverte capitale du principe négatif/positif puis, en 1850, l'invention du couple négatif sur verre au collodion/positif sur papier albuminé, grâce auquels on obtient des épreuves positives brillantes et contrastées (fini le papier mat salé), donnent tout son essor à la photographie.

Le Midi de la France : Arles, église métropolitaine de Saint-Trophime (côté gauche du portail)
d'après Charles NEGRE
Photographie sur papier salé,
32 x 22 cm.


Durant l'été 1851, Louis-Désiré Blanquart-Evrard crée la première imprimerie photographique, et en 1859, la Maison Goupil ouvre un atelier qui produit des épreuves en nombre sur papier albuminé. Les publications photographiques apparaissent dans le catalogue de Goupil & Cie dès 1853 mais la Maison n'intervient encore que comme éditeur ; il s'agit surtout de vues de voyages et de monuments.

La Sainte Chapelle travaux de construction du Palais de Justice

En 1858, la Série La Galerie Photographique accueille des photographies d'oeuvres d'art exécutées par des opérateurs extérieurs comme Robert Bingham. La reproduction photographique dite "exacte", et non plus "d'interprétation" comme la gravure ou la lithographie, ouvre une grave polémique aux enjeux esthétiques et économiques.
En 1867, la photoglyptie règle le problème de l'altération des épreuves et permet d'atteindre un tel rendement que s'ouvre alors l'ère de la reproduction industrielle des images. En 1869, Goupil & Cie crée l'atelier d'Asnières où Henri Rousselon et Michel Manzi développent le procédé et appliquent à partir de 1880 la photogravure.

Voyage dans la Haute Égypte de Auguste MARIETTE-BEY :
Memphis Saqqarah (planche no.12)
d'après Émile BRUGSCH
photogravure - 1878
23,5 x 33 cm.


Fr. Ducuing témoigne de l'esprit de ce siècle du Progrès et des Expositions Universelles: "J'ai dit qu'à notre époque, l'art était obligé de se faire industriel. En effet, le goût et le luxe sont devenus le patrimoine des classes les moins aisées. L'art ne perd rien à se vulgariser ainsi; il y peut même gagner des ressources infinies, comme il le fait déjà, en mettant la Science à son service."

SELECTION DE PHOTOGRAPHIES