LA DEFENSE "IMAGÉE" DES VALEURS MORALES

S. M. l'impératrice des français entourée des
dames de sa cour - 1855
d'après Franz Xavier WINTERHALTER
(1806 - 1873)
Lithographie de Léon NOËL - 1858
50,4 x 38,1 cm.


Le chirurgien militaire
d'après Francisque-Martin-François GRENIER de SAINT-MARTIN
(1793 - 1867)
Gravure de Pierre COTTIN
46,9 x 57,2 cm.


La layette
d'après Louis-Auguste-Georges LOUSTAUNAU
(1846 - 1898)
Gravure de VARIN - 1885
25,3 x 16,5 cm.


La Vierge de la délivrance
d'après Ernest HEBERT (1817-1908)
Gravure au burin d'Adolphe HUOT-1877,
48 x 32 cm.


L'éclectisme des sujets et des formes d'édition, "concept" d'une stratégie d'entreprise moderne qui vise à diffuser l'Art dans toutes les couches de la société, réflète aussi la société du Second Empire fondée sur des idées matérialistes et portée par une bourgeoisie triomphante. La reconnaissance des autorités politiques vient bien de ce qu'au-delà d'une volonté didactique de formation du goût du public et d'enseignement pour les artistes, se profile la défense des valeurs morales traditionnelles : le gouvernement accorde ainsi son aide à la Maison qui reçoit de nombreuses décorations et subventions de l'Etat pour récompenser et soutenir son action en faveur de la diffusion de l'art français en France et dans le monde. Adolphe Goupil, "un père de famille qui jouit, du point de vue de l'honorabilité, de l'estime générale", est nommé Officier de la Légion d'Honneur en 1877.
L'entreprise appartient ainsi pleinement à son temps ; elle utilise manières traditionnelles et nouvelles techniques pour la reproduction d'images qui tendent un miroir à la société mais qui construisent aussi son identité, son cadre et ses principes.