LES ATELIERS PHOTOGRAPHIQUES D'ASNIERES

Établissement photographique de MM. GOUPIL & Cie à Asnières
Gravure sur bois de H. DUTHEIL, parue dans
L'Illustration, no. 1572, 12 avril 1873, p. 253
(Bibliothèque municipale)


Misant sur les nouveaux procédés de reproduction et d'édition photomécanique et épaulée par une habile politique de communication (articles de presse illustrés de planches hors-textes, récompenses, démonstrations), la Maison Goupil s'impose. En 1869, elle ouvre l'atelier d'Asnières, en Banlieue Nord de Paris, dont le directeur est Henri Rousselon.
"S'il ne s'agissait pas de travaux éminemment artistiques, on pourrait dire que l'établissement d'Asnières est une véritable usine où fonctionnent ensemble, comme des associés intelligents et actifs, la vapeur, la lumière et l'électricité." (Ernest Lacan)
Léon Vidal rend aussi hommage à la stratégie patiente et moderne de la Maison dont les ateliers photograhiques se donnent comme un vaste laboratoire de recherche intégré:
"(...) Pour atteindre ce double but, de satisfaire les interêts industriels tout en arrivant à la fois à une production multiple et artistique, il ne fallait évidemment ne pas s'en tenir aux quelques succès du début (...). Dans des créations de ce genre, qui ont pour point de départ une science, un procédé, peu expérimentés encore, c'est folie que de vouloir, du jour au lendemain, marcher industriellement sans donner le temps à l'ornière industrielle de se former, au personnel de s'éduquer, au courant commercial de s'établir. Tout cela, la Maison Goupil l'a parfaitement compris..."
DES CHIFFRES
1869: Une machine à vapeur de 5 chevaux commande différentes machines-outils. A partir de1874, la nouvelle pile thermo-électrique de Clamond fonctionne pour la galvano-plastie.
1870: Un ouvrier peut tirer plus de 500 épreuves photoglyptiques dans la journée.
1874: Une planche photogravée tire 20.000 exemplaires sans trace d'usure.
1879: 480.000 cm2 de planches photogravées sortent des ateliers.
1880: Réaménagement de l'atelier par Michel Manzi en réponse à l'afflux de commandes de particuliers ou de confrères français et américains.
1880: 107 personnes travaillent à l'atelier (85 hommes, 13 femmes, 9 enfants).