LA PRODUCTION DE LA MAISON:
LES ARTS APPLIQUES


Le Peintre
d'après Ernest MEISSONIER
1815 - 1891
Gravure de RAJON,
17,7 x 12 cm.


Les Deux Femmes au Zodiaque
d'après RAPHAËL
RAIMONDI
Photographie Goupil & Cie, épreuve sur papier albuminé,
28 x 18,6 cm.



La Maison Goupil édite des estampes originales et d' interprétation. Les graveurs les plus éminents de l'époque Henriquel-Dupont, Calamatta, Jazet, Cottin, François, les frères Varin, Mercuri, Waltner... reproduisent les chefs-d'oeuvre des maîtres anciens: Botticelli, Boucher, Clouet, Corrège, Fragonard, Gainsborough, Greuze, Holbein, Ingres, Vinci, Memling, Michel-Ange, Murillo, Raphaël, Rembrandt, Titien, Véronèse, mais aussi, des peintres contemporains qui ont fait sensation au Salon et appartiennent généralement au courant de l' Art Pompier. Ce sont Boldini, Rosa Bonheur, Bonnat, Bouguereau Breton, Cabanel, Carrière, Clairin, Corot, , Daubigny, Delaroche, Detaille, Doré, Gérôme, Girardet, Helleu, Henner, Holfeld, Kaemmerer, Landelle, Lefebvre, Lhermitte, Millet, Meissonier, Montpezat, Neuville, Rochegrosse... Dans la France du XIXe, il y a beau temps que les tableaux sont les accessoires essentiels à la décoration de tout intérieur ayant quelque prétention. Mais ce sont les reproductions des oeuvres qui vulgarisent l'art et en permettent la diffusion. Vers 1850, la photographie devient le moyen privilégié de la multiplication des images. Ainsi, Goupil & Cie propose la première publication photographique d'oeuvres d'art destinée à être accrochée à un mur: les gravures de Raimondi d'après Raphaël.
Le parti pris de Goupil contre la photographie est de courte durée et il décide de miser sur les techniques de reproduction photomécanique: en 1867, il rachète le brevet d'exploitation de la photoglyptie, et en 1870, la photogravure est appliquée massivement dans les ateliers d'Asnières. En 1882, la typogravure, puis en 1887, la chromotypogravure, rendent populaires l'Ecole de Barbizon, mais sont encore mieux adaptées à l'édition d' ouvrages illustrés et de revues.

Si les techniques traditionnelles sont toujours employées, la politique éditoriale menée durant près d'un siècle par les différents dirigeants de la firme est marquée par la recherche de nouveaux procédés permettant de produire toujours plus, à qualité égale et à moindre coût. Les Beaux-Arts bénéficiant de la contribution fondamentale des sciences et des techniques, l'édition d'art entre dans l'ère industrielle.