Le contexte du Concours
Les concours de l'Académie
Chaque année, l'Académie organisait un nombre important de
concours à l'intention de ses élèves. Le concours
était considéré comme un système
démocratique par excellence. Outre les divers diplômes et
médailles, les concours décidaient quels étudiants
seraient admis à l'Ecole, à quels ateliers ils pourraient
participer, et même là où ils prendraient physiquement
place dans la classe. De toute la série de concours, le Prix de Rome
était le plus complexe et le plus prestigieux. Non seulement il attirait
l'attention de la presse internationale, mais il ouvrait la porte à la
célébrité et, souvent, à de brillantes
carrières.
Les plus grands honneurs
Le concours du prix de Rome fut institué en 1663 par l'Académie.
Il permettait de sélectionner les étudiants qui
séjourneraient à l'Académie de France à Rome. Parmi
les différentes spécialités de ce concours, sculpture,
architecture, estampe, composition musicale et peinture, celle-ci était
sans aucun doute la plus prestigieuse. Pendant plusieurs siècles,
obtenir le Grand Prix de Rome dans la catégorie peinture d'Histoire
était sans aucun doute considéré comme le plus grand des
honneurs, aussi bien en France qu'à l'étranger. Toutefois, la
fortune critique de ces artistes fut parfois injuste. Ainsi, Comerre,
prix de Rome, auteur de plusieurs décorations monumentales dans des
bâtiments officiels, souvent médaillé, chevalier de la
Légion d'honneur, ne figure-t-il pas dans le " Petit Larousse de la
peinture ".
Une âpre compétition
Les éléments qui faisaient du prix de Rome un concours hors du
commun étaient ses règles strictes, le nombre des juges,
l'anonymat des concurrents, le vote secret et enfin l'appel au jugement de la
presse et du public. Parfois, certains artistes trichaient. Le cas le plus
spectaculaire se produisit en 1849, lorsque les juges découvrirent que
l'un des concurrents avait collé sur son paysage une figure
découpée de Milon de Crotone. Le peintre fut bien sûr
disqualifié.
La fin d'une époque
Tout au long du dix-neuvième siècle, la distribution annuelle des
prix devint l'un des événements majeur de la vie artistique.
Après 320 ans, la tradition du prix de Rome prit fin lors des
événements de mai 1968. Néanmoins, les collections de prix
de Rome de l'Ensb-a continueront de vivre de longues années encore.